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créée le 24 / 04 / 2015

Un marché de la résidence secondaire en berne

Les données de l’INSEE sur les migrations (cf. « les Français s’installent sur le littoral ») ont pour mérite de faire ressortir de grandes tendances. Une étude très documentée vient nuancer l’engouement des ménages français pour les zones côtières, du moins en ce qui concerne les résidences secondaires.





Fort d’une analyse du marché immobilier dans une centaine de localités, publiée le 31 mars dernier, les Notaires de l’Ouest montrent, qu’avec la crise, le concept de maison de vacances ne fait plus autant recette.

Cette étude intègre les biens achetés sur la côte ouest par des acquéreurs habitant hors du département ou ceux des grandes agglomérations (Nantes, Rennes, Bordeaux).

Baisse des transactions, mais pas généralisée

De Deauville à Biarritz, en passant par Saint-Martin en Ré, le nombre d’appartements achetés comme résidences secondaires sur le littoral atlantique et celui de la Manche a reculé de 7% en 2014 (4% pour les maisons). Pire, les transactions ont dégringolé de 25 % depuis 10 ans.

Dans 60% des villes passées en revue, les prix ont baissé sur 5 ans ou ont progressé moins que l’inflation.


Volumes de ventes Manche-Atlantique

Ce repli, bien illustré par une infographie du Monde n’est pas pourtant homogène.

Des îlots de résistance subsistent comme Moliets-et-Maa (Landes), la Trinité sur Mer (Morbihan) ou encore Deauville.

Des causes multiples

Outre la peur du chômage, d’autres facteurs pourraient expliquer cette disgrâce comme la montée des familles monoparentales, l’envie de découvrir des lieux nouveaux ou encore l’émergence de services disruptifs comme Airbnb, dont le slogan est « bienvenue à la maison ».


Vrai coût d'une résidence secondaire

Sans compter l’épineux sujet des charges, un thème qui a été traité par Le Particulier au mois de mars dernier.

Valérie Valin Stein, chef de rubrique immobilier dans cette revue, a été interrogée à ce sujet par Boursorama.

Des chiffres à prendre avec des pincettes

Quoi qu’il en soit, les auteurs de l’étude se veulent prudents, car leurs statistiques n’intègrent pas les ventes de résidences principales. Elles ne sont basées que sur environ 30 000 transactions.

Ils soulignent à ce titre que quelques transactions atypiques (forts rabais, bien exceptionnel) réalisées localement peuvent déformer les chiffres. Rappelons également que cette étude concerne uniquement l’ouest de la France.

Les étrangers reviennent

De leur côté, les étrangers ont parfois été accusés de renforcer artificiellement les tendances domestiques, soit en faisant monter les prix dans des zones tendues, soit en reprenant leurs billes à marée basse. Ce n’est plus forcément le cas.

Selon Le Monde, la part des acquéreurs étrangers sur ce segment de marché aurait baissé de 14,3 %, en 2004, à 6,3 %, en 2013.

Néanmoins, les anglais qui, au moment de la crise, auraient pris leurs jambes à leur cou, recommencent à pointer le bout du nez grâce à la chute de l’euro. Leurs échanges se font d’ailleurs beaucoup autour d’une tasse de thé, car les transactions réalisées chez nous par nos voisins se font souvent entre compatriotes.

Les taux de change expliquent également pourquoi les suisses et les américains reviennent sur le sol national, notamment à Paris et sur la côte d’Azur.

Prix plus raisonnables, taux d’intérêt historiquement bas, des liquidités qui ne rapportent plus rien : pourquoi ces investisseurs hésiteraient à concilier plaisir et placement, alors que la France est réputée comme l’un des plus beaux pays du monde ?



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