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créée le 07 / 01 / 2017

Quels sont les impôts les plus improbables de l'histoire ?

Contrairement aux idées reçues, il n’a pas fallu attendre l’époque récente pour voir surgir l’ISF ou les taxes comportementales. De l’Empire Romain au XXème siècle, les Princes ou les Etats ont largement tondu la population, souvent pour faire la guerre ou maintenir un train de vie élevé. Tel un inventaire à la Prévert, un petit livre peint avec humour les impôts les plus inattendus de l'histoire, comme la taxe sur les perruques ou encore la taxe sur la pudeur. Face à l’imagination débridée des services fiscaux, il est réjouissant de voir l’imagination du peuple ou des plus fortunés pour éviter de passer sous leurs fourches caudines.





Taxer le droit de ne pas être tué au combat

Une taxe baptisée écuage, en référence au bouclier médiéval, a été imaginée par les souverains anglais du XIIe siècle. Il permettait à leur chevalier de ne pas se battre à condition de payer des mercenaires pour les remplacer au combat.
Néanmoins, du fait du maintien de cette imposition malgré un retour durable de la paix, les chevaliers se révoltèrent en 1214, arguant qu’il n’y avait plus de combats. L’écuage fut alors supprimé (Magna Carta).


Taxe sur les besoins essentiels

L'impôt sur la liberté : l’affranchissement des esclaves est soumis à une taxe pendant tout l’Empire romain. Pour l’auteur, le vicesima libertatis est l’un des impôts les plus abjects inventés par l’homme.

La taxe sur le droit de préserver son intimité : les femmes des castes inférieures dans l’Inde du XVIIIe siècle doivent acquitter une taxe pour avoir le droit de se couvrir les seins. Nangeli, une femme de la caste Ezhava, était trop pauvre pour payer cet « impôt sur la poitrine ». Ainsi, lorsque le collecteur des impôts lui a rendu visite en 1803, la légende dit que Nangeli se soit tranché les seins en signe de révolte fiscale, avant de se vider de son sang. Cette histoire fit grand bruit, même à l’étranger, si bien le mulak karamp fut finalement aboli en 1812.

La taxe sur l'urine : Rome étant une puanteur, l’Empereur Vespasien (9 à 79 après JC) rend obligatoire l’usage des toilettes publiques, dont l’urine collectée est vendue aux teintureries. En effet, l’urine était le seul agent fixant facilement disponible dans l’industrie de la teinture antique. Il instaure une taxe sur la collecte d’urine (vectigal urinae).
À Titus, qui trouve cette taxe ignoble, Vespasien lui lance une pièce d’or et l’interroge pour savoir s’il sent quelque chose. Devant la réponse négative de son fils, il lui rétorque qu’elle vient pourtant de l’urine. L’anecdote donne naissance au proverbe latin «Pecunia non olet», c’est à dire « L’argent n’a pas d’odeur »

L'argent n'a pas d'odeur

Taxe sur la richesse

Les signes extérieurs de richesse sont imposés comme les perruques (Prusse et Angleterre, du XVIIIe au XIXe siècle) ou encore les portes et fenêtres (France).

Taxes sur les comportements

Le lavage des corps nus était considéré comme une activité perverse et un gaspillage de temps par Cromwell (1599-1658). Le savon se vit donc taxé à hauteur de 80% de la valeur du produit. Comme les contribuables les plus aisés continuèrent malgré tout à faire leur toilette, cet écot sur la potasse fut assez productif. Il ne sera supprimé qu’en 1853 par William Gladstone. Selon son précepte, « une nation propre est une nation heureuse ».

Le port de la barbe fût également taxé dans la Russie de Pierre le Grand, qui voulait faire rentrer son pays dans la modernité. Chacun payait en fonction de sa classe sociale, de 100 roubles pour les plus riches à un demi-kopeck pour les paysans. Peu à peu, la Russie s’’est couverte de joues glabres.

Taxe sur les comportements


Les impôts les plus injustes ou les plus excessifs ont souvent conduits à des révoltes populaires et à de la contrebande. La taxe sur le sel a fait tomber trois empires. Certains souverains ont même payé du prix de leurs vies leur audace. Le livre recense également des taxes discriminatoires sur ceux qu’on n’aime pas, voire des cas de spoliation pure et simple. A la fin du livre, vous ne verrez plus la tartiflette de la même manière.

Jean-François Nimsgern est un juriste spécialisé en droit fiscal et en droit des affaires. Il a présidé le Mouvement des Libertariens et partage ses loisirs entre l’histoire et la gastronomie.


Édition Première édition
Éditeur Les Belles Lettres
Support Livre broché
Nb de pages 88 p.
ISBN-10 2-251-50309-9
ISBN-13 978-2-251-50309-7
GTIN13 (EAN13) 9782251503097

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